lundi 2 novembre 2009

Samain


Nous sommes dans le temps de Samain. Un temps, qui pour les Celtes n'existait pas.

Une sorte de faille dans la régularité des jours, car Samain qui marque le passage entre deux années celtiques, n'appartient ni à la nouvelle, ni à l'année passée. C'est le début des jours noirs, de la nature qui couve le renouveau en son sein. Rien n'est visible, mais l'activité souterraine est intense. La nature accumule l'énergie en vue de mettre toutes les chances de son côté pour la renaissance au printemps. Les petits grandissent bien au chaud dans le sein maternel et les âmes tournent en attendant de se réincarner.

En récupérant cette fête, les chrétiens lui ont laissé son sens sacré, le jour des morts tombe en effet le deuxième jour de novembre. A partir de Samain, les portes entre vivants et désincarnés sont ouvertes. Les défunts, non réincarnés, passent dans le monde des vivants pour y retrouver les lieux et les personnes qui leur étaient chers.

Le premier jour de Samain est consacré à la mémoire de ceux qu'on a connus, le deuxième à celle de tous ceux qui ont trépassés depuis le début des temps, et le troisième est le début d'une semaine de fêtes et de réjouissances populaires avec festins et feux de joie.

Chez les Celtes, la veille de Samain, on procédait à la renaissance du feu. Dans les foyers brûlaient les flammes allumées lors de la dernière fête de Samain. On les laissait s'éteindre et on nettoyait les âtres. Puis, on allait prendre un tison du nouveau feu sacré allumé par les druides. Ces tisons servaient non seulement pour renouveller le feu de la maison, mais servaient à allumer d'autres foyer autour des villages pour éloigner les mauvais esprits.

Dans la nuit de Samain, à la tombée de la nuit, le monde invisible entre en contact avec le tangible, celui des vivants. Les âmes des désincarnés reviennent errer autour des maisons dont la porte est restée ouverte. C'est le signe qu'ils sont les bienvenus et il est de coutume de leur garder une part du repas.

Un Celte, partout où il se trouve doit fêter Samain. L'ignorer, c'est être condamné à errer après sa mort sans trouver le repos, comme ceux à qui on n'a pas donné de sépulture.

Le culte des morts est bien évidemment pré-celtique, car partout sur la Terre, aussi loin qu'on remonte dans l'histoire de l'humanité, on retrouve ce culte, même chez les plus primitifs. La mort n'était d'ailleurs pas vécue comme une fin, mais comme un changement de vie.

Le monde moderne et sa rationalisation à tout prix fait taire ce que nous sentons si présent en nous même, la promesse d'un ailleurs. Il est intéressant de voir que jusqu'à la révolution, les mentions de décès des registres d'état civil mentionnaient dans leurs pages la formule consacrée "...j'ai procédé à l'inhumation du corps de..." ce qui montre bien que seul le corps visible de l'individu décédé était enterré, et non l'individu tout entier.

Profitez de Samain, ouvrez vos esprits et écoutez la voix de ceux qui sont partis. C'est le moment.


Illustration Martha Stewart.

11 commentaires:

Nelly a dit…

Envoûtant...
Il règne un bien-être paisible ici, c'est complètement magique !
Votre blog est magnifique !

krn a dit…

Merci Nelly, je suis très touchée.
Cet espace est mon endroit de méditation.
Je vis au rythme de la nature et c'est l'une des raisons de ma proximité avec le monde celtique.

Anonyme a dit…

Indeed nice blog you have here. It would be great to read a bit more concerning this topic. Thnx for sharing that data.

Momo a dit…

N'y a t-il pas une prière à réciter en cette période de début des jours noirs, krn ? Il me semble que tu m'avais envoyé quelque chose, hélas, si c'est le cas je ne le retrouve pas.

krn a dit…

Momo, la prière est fonction de la croyance. Le paganisme n'a pa de dogme, les prières sont donc toutes différentes.
Malgré tout, je vais voir ce que je peux faire pour toi.

Momo a dit…

Merci de la précision, krn. J'en sais quelque chose. Il est très difficile de trouver des prières en dehors des systèmes figés et des dogmes, or, il me semble que c'est l'unique que je puisse accepter. D'où l'intérêt de faire sa propre prière, en bricolant.

Momo a dit…

Cette proximité avec les morts, en cette période, qu'est-ce que ça implique ? Faut-il s'en protéger ? N'y a-t-il pas des âmes tourmentées qui ne sont pas en paix ? En ce cas, ne peux-on pas plutôt invoquer la proximité d'esprits bienveillants ?

thambabb

krn a dit…

Pourquoi s'en protéger ? L'âme des morts n'est pas dangereuse, même si parfois ses manifestations sont effrayantes. Il faut juste leur rappeler que nous sommes des leurs, et c'est ce que font ceux qui se masquent pour une fête d'halloween qu'ils croient modernisée et innocente et qui en fait, perpétue une tradition vieille de plusieurs dizaines de siècles.
Quand on ne se déguise pas, il y a des rituels. Je n'en donnerai pas ici, car ils peuvent aussi être exécutés à tort et à travers, pour rire, et ce n'est pas le but.

Momo a dit…

Ça fait plaisir à entendre. Je me demande toutefois d'où peut bien provenir le fait qu'en cette période de l'année je me sens particulièrement dépossédé de moi même, près de la folie et particulièrement fragile. Une période très intériorisée, ou je sens confusément qu'il y a qqchose au niveau énergétique qui ressemble à celui de la pleine lune, mais étalé sur toute une période. Ce n'est pas un hasard si ce soir je suis resté à la maison.

krn a dit…

C'est normal. Nous devrions tous être comme ça. Ceux qui y échappent sont ceux qui ne sont pas à l'écoute de leur rythme.

Momo a dit…

J'allais cliquer sur "J'aime", mais je m'aperçois qu'on est pas sur Facebook :-)

coscrin